Jeudi 10 janvier 2008
Une fois n'est pas coutume, et au risque de décevoir les amateurs de galéjades et autres bons mots qui se perdent ici à la recherche du bureau des amis des T.C.L, (tu as du avoir des surprises,
mais bon…), l’article du jour se veut sérieux. Voir grave d’ailleurs. Tant et si bien qu’il implique la création d’une nouvelle catégorie d’articles en ces murs qui s’intitulera « Un peu de sérieux
! ».
Peu nombreux sont les médias en ce début d’année à avoir relayer le fait que la nouvelle franchise médicale entrait en application, tout obnubilés qu’ils étaient par l’interdiction de fumer dans les lieux publics ou la nouvelle liaison de notre cher président (je fais une fixette sur la Libye depuis quelques semaines …) Il est toujours plus glamour et vendeur de papoter mannequin, joaillerie, voyage en Égypte ou même tabac que de parler maladie me direz-vous…

Mais dans ce désert médiatique proche de celui de Gobi, une voix, timide a ses débuts, s’élève depuis le 1er janvier. Bruno Pascal Chevalier a 45 ans et trimballe dans son bagage une vingtaine d’années de vie commune avec le Sida. 20 ans de traitement en tout genre, de soins, et, bien entendu, de dépenses conséquentes pour poursuivre ses activités quotidiennes. 20 ans d’un combat de tous les instants sans jamais se plaindre et mieux encore, en se mettant chaque jour, chaque minute au service des choses qu’il juge justes et des gens qui en ont besoin.
Or il y a maintenant trois mois de cela, il a pris une décision. Celle de se mettre en grève de soins pour protester contre cette mesure indigne qu’est la franchise médicale. Au 1er janvier, il a décidé de relayer son action sur le net, afin de sensibiliser à cette question. Je ne m’étendrai pas ici sur les tenants et aboutissants de sa démarche, il le fait bien mieux que moi sur le site internet qu’il a lancé à cette occasion.
Je me permets juste de relayer ici la lettre qu’il a adressé à un certain Nicolas S., lettre qui à ce jour reste sans réponse.
Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
Morsang-sur-Orge, le 3 janvier 2008
Lettre recommandée avec avis de réception
Objet : Grève de soins contre la franchise médicale
Monsieur le Président,
Je suis atteint d’une affection longue durée, le SIDA. Par ailleurs, je suis travailleur social et engagé dans diverses associations citoyennes de solidarité.La mise en place de la mesure de la franchise médicale m’oblige à payer 50 euros par an d’impôt supplémentaire par le seul fait que je sois malade. Après en avoir discuté professionnellement ou dans le cadre de discussions privées avec de nombreuses personnes âgées, invalides, atteintes d’affections de longue durée, j’ai fait le constat que l’ensemble de ces personnes ne peuvent déjà plus faire face à leurs dépenses de santé et sacrifient cette santé en ne se soignant plus ou en repoussant à plus tard voire trop tard des démarches de soins.
Pour la première fois dans l’histoire de la Sécurité Sociale, le principe de solidarité est posé : avec la franchise médicale chacun de nous se sent responsable voire coupable d’être malade, et par cette faute, nous allons devoir payer pour l’accès à ce droit fondamental qu’est celui de la santé.
Lorsque je regarde les feuilles de remboursement de mes médicaments et que je regarde le prix fixé par les laboratoires et accepté par le gouvernement, je me demande si le trou de la sécurité sociale n’est pas lié aux tarifs souvent démesurés appliqués par les laboratoires.
Monsieur le Président, je vous fais part officiellement de ma grève de soins que j’entame aujourd’hui en soutien à toutes les victimes de la mise en place de la franchise médicale.
Je mène cette action en pleine conscience des risques que je prends pour ma santé particulièrement précaire après vingt années de lutte contre la maladie. Sachez que la franchise médicale va pousser silencieusement beaucoup de malades à prendre la même décision que moi au risque de sacrifier leur vie.
J’exige de votre part l’abrogation de cette loi injuste.
Enfin, Monsieur le Président pensez-vous que cette mesure va participer à la relance économique ? ne pensez vous pas que d’autres choix sont possibles pour faire face aux besoins de santé ? Pour ma part j’en suis convaincu et déterminé à aller au bout de ma démarche en vous en tenant responsable.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.
Bruno-Pascal CHEVALIER
Copie : AFP, ACT UP, AIDES, Le Parisien, L’Humanité, Politis, …
Je vous invite bien évidemment à vous rendre sur son site afin de mieux apprécier son combat, et lui apporter votre soutien que ce soit en signant la pétition ou en lui laissant un mot par là www.grevedesoins.fr
P.S : Pour une fois ça ne me parait pas Capilotracté ici...
Peu nombreux sont les médias en ce début d’année à avoir relayer le fait que la nouvelle franchise médicale entrait en application, tout obnubilés qu’ils étaient par l’interdiction de fumer dans les lieux publics ou la nouvelle liaison de notre cher président (je fais une fixette sur la Libye depuis quelques semaines …) Il est toujours plus glamour et vendeur de papoter mannequin, joaillerie, voyage en Égypte ou même tabac que de parler maladie me direz-vous…

Mais dans ce désert médiatique proche de celui de Gobi, une voix, timide a ses débuts, s’élève depuis le 1er janvier. Bruno Pascal Chevalier a 45 ans et trimballe dans son bagage une vingtaine d’années de vie commune avec le Sida. 20 ans de traitement en tout genre, de soins, et, bien entendu, de dépenses conséquentes pour poursuivre ses activités quotidiennes. 20 ans d’un combat de tous les instants sans jamais se plaindre et mieux encore, en se mettant chaque jour, chaque minute au service des choses qu’il juge justes et des gens qui en ont besoin.
Or il y a maintenant trois mois de cela, il a pris une décision. Celle de se mettre en grève de soins pour protester contre cette mesure indigne qu’est la franchise médicale. Au 1er janvier, il a décidé de relayer son action sur le net, afin de sensibiliser à cette question. Je ne m’étendrai pas ici sur les tenants et aboutissants de sa démarche, il le fait bien mieux que moi sur le site internet qu’il a lancé à cette occasion.
Je me permets juste de relayer ici la lettre qu’il a adressé à un certain Nicolas S., lettre qui à ce jour reste sans réponse.
Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
Morsang-sur-Orge, le 3 janvier 2008
Lettre recommandée avec avis de réception
Objet : Grève de soins contre la franchise médicale
Monsieur le Président,
Je suis atteint d’une affection longue durée, le SIDA. Par ailleurs, je suis travailleur social et engagé dans diverses associations citoyennes de solidarité.La mise en place de la mesure de la franchise médicale m’oblige à payer 50 euros par an d’impôt supplémentaire par le seul fait que je sois malade. Après en avoir discuté professionnellement ou dans le cadre de discussions privées avec de nombreuses personnes âgées, invalides, atteintes d’affections de longue durée, j’ai fait le constat que l’ensemble de ces personnes ne peuvent déjà plus faire face à leurs dépenses de santé et sacrifient cette santé en ne se soignant plus ou en repoussant à plus tard voire trop tard des démarches de soins.
Pour la première fois dans l’histoire de la Sécurité Sociale, le principe de solidarité est posé : avec la franchise médicale chacun de nous se sent responsable voire coupable d’être malade, et par cette faute, nous allons devoir payer pour l’accès à ce droit fondamental qu’est celui de la santé.
Lorsque je regarde les feuilles de remboursement de mes médicaments et que je regarde le prix fixé par les laboratoires et accepté par le gouvernement, je me demande si le trou de la sécurité sociale n’est pas lié aux tarifs souvent démesurés appliqués par les laboratoires.
Monsieur le Président, je vous fais part officiellement de ma grève de soins que j’entame aujourd’hui en soutien à toutes les victimes de la mise en place de la franchise médicale.
Je mène cette action en pleine conscience des risques que je prends pour ma santé particulièrement précaire après vingt années de lutte contre la maladie. Sachez que la franchise médicale va pousser silencieusement beaucoup de malades à prendre la même décision que moi au risque de sacrifier leur vie.
J’exige de votre part l’abrogation de cette loi injuste.
Enfin, Monsieur le Président pensez-vous que cette mesure va participer à la relance économique ? ne pensez vous pas que d’autres choix sont possibles pour faire face aux besoins de santé ? Pour ma part j’en suis convaincu et déterminé à aller au bout de ma démarche en vous en tenant responsable.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.
Bruno-Pascal CHEVALIER
Copie : AFP, ACT UP, AIDES, Le Parisien, L’Humanité, Politis, …
Je vous invite bien évidemment à vous rendre sur son site afin de mieux apprécier son combat, et lui apporter votre soutien que ce soit en signant la pétition ou en lui laissant un mot par là www.grevedesoins.fr
P.S : Pour une fois ça ne me parait pas Capilotracté ici...
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