Il est un lieu ou l'obscurité règne en maître et où le silence n'est que très rarement perturbé. Un lieu où les rangées s'alignent et se ressemblent entre toutes pareilles, voir même identiques
et plus si affinités…(On n’est pas sur capilotracté pour rien hein…) En ce lieu où la technologie individuelle n'a pas sa place, viennent régulièrement s'échouer nos contemporains, ne percevant
en aucun cas la faune présente en ces murs. Leurs attentions fixées sur un point lointain, ils n’ont pas la moindre conscience du drame quotidien qui se déroule sous leurs yeux. Avachis tels le
babouin de Tasmanie après son coït mensuel, la pupille hagarde, le regard flou, un filet de bave menaçant à tout instant de s’écraser sur la chemise écrue enfilée pour l’occasion, les deux pieds
en avant reposant sur leurs talons, ils se laissent aller sans seulement rougir de honte devant le génocide qui se déroule à quelques centimètres d’eux…et parfois même dans leurs propres
mains.
Mais quand l’endroit se vide, quand les rangées retrouvent leur calme, molletonné de rouge et cousu de fil blanc, que les leds rougeâtres indiquant les travées s’éclipsent une à une, ne reste sur
le sol que les traces de l’horrible carnage.
Pourtant dieu sait qu’ils se sont signalés, ils ont hurlé à pleins poumons pendant plus de deux heures, suppliant, implorant une pitié qui ne leur sera plus jamais accordée. Ils gisent là,
cadavres abandonnés que nulle sépulture ne saurait honorés.
Leur sort à été scellé, pour certain dès l’entrée, quelques mètres après la caisse, pour les autres, un peu plus tard, à un instant subit ou les lumières se sont rallumés. Tous alignés dans une
corbeille d’osier, ils ont frémi à l’idée d’être choisi. Déjà à cet instant leurs murmures apeurés ont résonné, laissant la foule indifférente, pire complice d’un drame inéluctable. Et pourtant,
nos oreilles, un peu plus attentives, auraient pu percevoir leur inquiétude d’abord, puis leur tourment et enfin leur supplice. Que nenni, grisées de résonances, de vibrations, de notes ou
d’onomatopées, elles n’ont jamais perçu le pogrom qui les affligeaient eux...
Rendez-vous compte, prenez conscience, réalisez, vous ignobles assassins que vous êtes, bouchers, coupe-têtes, sadiques sanguinaires, tortionnaires, exécuteurs de basses oeuvres, du sort funeste
que vous faites subir à ces pauvres paquets de bonbons pendant les séances de cinéma....
Dans un prochain article j'aborderai le sort terrible du Pop Corn, n'en déplaise aux amateurs de maïs soufflés....
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