Oldies

Dimanche 23 septembre 2007
Ça me prend comme ça, sans prévenir, un peu comme un besoin urgent d’aller aux toilettes, mais en plus violent. Un truc qui me tombe dessus le matin au réveil et qui ne me lâche plus de la journée. Dans ces moments-là, je ne peux plus contrôler mes actes et je ne mesure pas toujours les conséquences qu’ils peuvent avoir. En règle général tout se passe totalement comme à l’habitude. Un seul petit détail peu mettre la puce à l’oreille ou à défaut le doigt dans le nez, mais ça c’est vous qui voyez.

Ce matin ça m’est de nouveau arrivé. Quand le réveil a sonné, je n’y songeais même pas à dire vrai. Comme d’habitude j’ai traîné mon caleçon jusque dans la cuisine où je prépare un café, ni trop fort ni trop chaussette, juste ce qu’il faut pour bien entamer cette longue journée de labeur qu’est le vendredi. Tous les gens qui travaillent vous le diront, le vendredi c’est le jour le plus long de la semaine. De la cuisine, mon caleçon a échoué dans le panier de linge sale tandis que le reste de mon anatomie se glissait sous une douche salvatrice. Et c’est là, quand l’eau a commencé à me réchauffer un à un tous les pores de la peau que cela m’a saisi. J’ai rapidement mis fin à ce moment de pur bonheur et me suis faufilé dans la chambre afin de pêcher au fond d’un tiroir un caleçon plus propre que le précédent, et deux charmants sacs à petons pour tenir confortablement dans mes groles. Mon complice est là, dans le tiroir… Il me nargue du coin de sa lentille circulaire. Plus tard mon beau…plus tard…Jean, chemise propre, pull moyennement crasseux mais ça ira, veste en cuir, chapeau, sacoche… Un doux baiser plus tard et me voilà sur le pas de la porte qui claque dans mon dos. Ce n’est que dans l’ascenseur que je réalise que mon complice est resté au chaud dans le tiroir. Il va me faire la gueule, mais tant pis je suis déjà trop en retard.

Une matinée et quelques trajets en métro plus tard et me revoilà dans mes pénates. Cette fois je ne l’oublierai pas. Munis du précieux cordon ombilical, je vidange la mémoire de mon partenaire tout en avalant sur le pouce un encas léger. Fin prêt, et cette fois ci accompagné, je quitte l’appartement non sans avoir donné un petit tour de clef derrière moi. Et c’est parti, cage d’escalier, ascenseur, cours de l’immeuble, allée, rue, pieds, façade, quai, rame, porte, plafond, sol, reflet, pigeon, horodateur, poubelles, journaux, détails, tout y passe. Tout se fige, tout se fixe, pixel après pixel, octets après octets, je fais le plein de moments brefs et sans intérêts si ce n’est que mis bout à bout ils me donnent une idée, laisse une trace de mon trajet, de mon après-midi. Mon compagnon fidèle à bout de bras, un doigt sur le déclencheur, sans cadrage, sans réflexion, sans se soucier de rien je shoote à l’envie.

Si d’aventure vous vous interrogez sur cet énergumène qui l’air de rien a son numérique dans la main, ne réagissez pas, soyez juste indulgent. Je ne vous vole rien qu’un tout petit moment. Qu’une image sans nom, qu’un détail sans prétention qui n’influera sur rien, qui ne changera rien. Je vous le concède, je vous l’avoue, je me livre ici sans plus de tabous : je suis un peu voleur.

P.S : le résultat des vols se trouve dans la galerie "Trajets"

Par Huhsh
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Samedi 22 septembre 2007

Il y a quelques jours, je vous narrais longuement le plaisir du Koss rivé dans les oreilles. « Avec Koss, faites l’autiste quand vous voulez » Ce slogan est de moi, mais si au marketing de la firme ils veulent me le racheter j’dis pas non.

Aujourd’hui, 13 h 45, je me faufile dans le métro pour retourner bosser après une pause déjeuner à domicile. Trajet habituel, deux stations, une correspondance, 4 stations et un arrêt au terminus. C’est ici la deuxième partie du trajet qui nous intéresse.
Une chose bien dans le métro lyonnais, c’est qu’à cette heure-là, on trouve facilement un bout de siège pour se reposer le popotin. Casque sur les oreilles, « Petit Bulletin » dans les mains, je me laisse bercer par le dernier Incubus (Light Grenades = très bon je vous le recommande.). Les sièges d’à côté ont visiblement subi les foudres d’un utilisateur mécontent, puisque sur les 4 proposés, 3 sont inutilisables, mousse arrachée. Le dernier est occupé par un individu lambda dont nous n’aurons que faire. Premier arrêt, « Lambda » quitte sa place et mon bras gauche se fait happer dans la course d’un autre lambda pour conquérir le siège tant espéré. Quelque peu exaspéré par ce manque de respect de mon anatomie…(Oui connard tu m’as ruiné le bras) et surtout par l’absence totale de remord de l’intéressé, je jette au-dessus de mon journal un regard, que l’on pourrait sans aucun doute qualifier, de noir à l’importun avant de replonger dans ma lecture. Je perçois toutefois sur ma gauche des mouvements sporadiques d’un bras qui s’agite, visiblement dans ma direction. Délaissant les articles pseudo-culturels du gratuit qui m’occupait jusque-là les mains, je me tourne cette fois plus franchement vers l’intéressé. « Ah, non en fait c’est à la demoiselle en face de moi que monsieur s’adresse, montrant avec fortes gesticulations : ses poches, sa bouche, ses poches, sa …braguette (j’avoue ne pas avoir saisi le rapport.) Sur ces mouvements désordonnés et peu gracieux, l’individu se lève et se colle à 2 cm de son interlocutrice répandant dans l’atmosphère une odeur tenace de rouge faisandé. Comprenant que les spasmes membraires ne me sont pas destinés, je replonge nonchalamment dans ma lecture quand l’intéressé vient se coller cette fois ci à 2 cm de mon visage m’imprégnant les fosses nasales de son parfum nauséabond et me laissant à loisir examiner les chicots douteux
dont son orifice buccal est équipé. Et c’est à cet instant précis que j’ai une nouvelle fois été frappé d’une lumière divine…. Je n’entendais absolument rien, mais rien, de ce que l’énergumène était en train de me déblatérer. Toutefois je dois admettre que Brandon Boyd (le chanteur d’Incubus pour ceux qui ne suivent pas) n’a jamais eu une tronche aussi atroce que durant ces quelques secondes. Et là c’est le drame, mes zygomatiques se mettent à vibrer, ma gorge se déploie et tandis que j’entends distinctement « You and.. I are, like oil and Water… » Mon rire éclate dans le wagon. Fort, clair parfaitement identifiable provoquant la stupeur des autres passagers et l’animosité de moins en moins contrôlée du poivrot que j’ai toujours à 2 cm de la tronche. Bon prince, je retire une oreillette, le regarde souriant et lui confie gentiment : « Vous savez, je suis navré, mais je n’ai pas bien entendu ce que vous me disiez. Toutefois je réalise que vous avez une voix superbe…Vous n’avez jamais essayé de chanter ? » Bilan de l’intervention : un poivrot vexé comme un pou qui prend ses jambes à son coup pour aller taper le reste du wagon mais qui ne reviendra pas me voir avant longtemps, et trois rires assez plaisant à entendre venant de mes compagnons d’infortunes, probablement estomaqué par ma réponse. Putain il y a vraiment des jours où l’on se sent bien !
Par Huhsh
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Vendredi 21 septembre 2007
Citadin, je suis un citadin, et comme tout bon citadin qui se respecte, j’use et abuse des transports en commun. Matin, midi et soir, le métro Lyonnais me voit hanter ses couloirs. Pour les non-citadins, qui donc ignorent tout de ce que peut être le métro, il s’agit d’une longue boîte de conserve souterraine qui roule vite, quand elle roule, est souvent en panne et m ‘amène rarement à l’heure à mes rendez-vous (et encore moins au bureau le matin, mais ça je dois signaler à mon radio-réveil que sonner à 8 h 05 pour une arrivée au turbin à 8 h 30, ça fait un peu juste.) Enfin, bref, passons la cette digression et revenons à nos moutons, à savoir la technologie. J’en vois d’ici quelques-uns dont le sourcil droit pointe, à l’interrogation, vers le haut. « Mais comment diable peux-t-on parler de technologie dans le métro lyonnais. »

Facile en ne parlant pas du métro en lui-même, mais d’un certain nombre de ses utilisateurs quotidiens. Vous aurez sûrement noté que ces derniers temps, le téléphone mobile se dote de fonctions toutes plus révolutionnaires que les autres. Appareil photo, mini caméra, lecteur Mp3, Télé à la demande, grille-pains sur port USB…. Et moultes autres petites choses qui sont supposées améliorer notre quotidien. Mais revenons à l’une des options sus-citées… l’option lecteur MP3 et surtout du mode haut parleur dudit lecteur…. Ces derniers temps, mes voyages quotidiens « in the subway » (je suis un bilingue qui s’ignore) se trouvaient fortement gênés par l’utilisation dudit lecteur…sans casque. S’il est sûr que le lecteur MP3 est une bonne chose pour tous, le téléphone MP3 qui ajoute à ses fonctions celles d’enceinte contribue quotidiennement à gâcher mes trajets. Un exemple concret : 8 h 30, bon pied, bon œil (en fonction de la soirée de la veille) je me glisse entre les portes vitrées, véritables faiseurs de manchots si l’on n’y fait pas attention, et me faufile sur le quai, casque d’I-Pod rivé sur les oreilles. La rame se présente, je m’y faufile et m’installe pour les deux premières stations de trajet. Et là…C’est le drame… Un peu plus loin dans le wagon, trois adolescentes pré-pubères, surmaquillées, pouffitudes obligent, se gaussent, gloussent et tout cela plus fort que le volume sonore autorisé de mon i-Pod. Tant bien que mal je tente de replacer les oreillettes de manière plus adéquate, quand l’une d’elles, fière comme Artaban, annonce d’un coup : « Ho les filles, j’ai le dernier morceau de « Justin lac de Bûcheron », et comme de par hasard je l’ai là dans mon super téléphone de la mort qui tue qui fait lecteur mp3, appareil à photo de têtes de pouf et aussi tampax une fois par mois… (Les filles, je sais que vous rêvez toute, du prochain téléphone Tampax, mais de source sûr c’est pas pour tout de suite)

Et la donzelle d’enclencher l’engin maudit, bien entendu à tout berzingue en plein dans la rame. Alors moi je vous le demande, et d’un comment peut-on vivre décemment et aimer ce que le bûcheron gominé ricain peut faire comme bruit (on ne peut ici parler de musique, soyons logiques) mais et surtout …Mais comment peut-on prendre plaisir à écouter un tel résidu d’intestin sur une enceinte qui fait penser à un grabataire asthmatique victime d’une trachéotomie sauvage au stylo Bic. Franchement je vous le demande…. Je vous épargne les inévitables : « Oh mais comment il chante trop bien ce mec, j’le surkiffe j’te jure, la vie de sa maman » « Lui, même s’il sort avec la pétasse chauve, je le mets dans mon lit et je lui fais le grand jeu (M’est avis que la demoiselle croit qu’on joue aux petits chevaux dans un lit, parce que vu son âge…) Enfin donc, une musique de merde, avec un son de merde, le tout écouté par des mer***deuses… Et bien oui ça soûle, mais quand cela se reproduit 4 fois dans la semaine, apportant à mes chastes oreilles du R’NB Pokorien, du Raï tellement saturé qu’on en arrive à prier pour que le guitariste crame sa disto dans la seconde, ou du hip-hop minable aux textes aussi pourri que la musique elle même, là, on se doit de trouver la solution…
mykoss.jpg Et cette solution à un nom, un seul tout petit nom unique pour retrouver le plaisir de ne plus entendre le monde, et surtout ce que le monde compte de pouf.. Koss, le seul, l’unique, l’incroyable inventeur du casque boule Quiès. Me rendant chez mon revendeur de galettes musicales préférées, je tombe sur le rayon écouteurs, m’approche et tombe littéralement en arrêt devant la bête. Ils sont beaux, ils sont pas chers et en plus ils sont garantis à vie… Et bien croyez moi si vous voulez, mais depuis l’acquisition de ces merveilles, j’ai accompli un exploit.. Je continue à sourire quand j’aperçois au loin dans la foule compactée façon sardine à l’huile, un téléphone brandi à bout de bras distillant sa soupe nauséabonde sur ses enceintes péraves…
Par contre dans un prochain billet, j’aborderai les points négatifs des écouteurs Koss, toutefois je tiens ici tout de suite à présenter mes plus plates excuses à l’accordéoniste roumain qui après avoir joué 5 minutes dans la rame a pris une mandale monumentale dans la tronche pour m’avoir fait peur en avançant son gobelet sous mon nez pour que je me fende d’une obole. Et oui, avec mes écouteurs d’autiste, je l’ai pas entendu ce con….
Par Huhsh
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Jeudi 20 septembre 2007

Des matins, ou à l’heure ou les bêtes s’en vont au point d’eau pour se rafraîchir après une longue nuit, pour qui de veille, pour qui de chasse, d’autres restent affalés au fond de leur couche, ronflant légèrement, bouche entrouverte et filet de bave s’écoulant avec grâce de la commissure des lèvres à l’oreiller.

Des matins, ou, à l’heure ou le roulis de la poubelle s’acheminant, conduite de main de maître par un gardien ensommeillé, en direction de la rue, on se pelotonne sous la couette ni vraiment éveillé, ni vraiment endormi, juste dans cette partie du subconscient qui pour peu qu’on entende le roulis nous fait rêver qu’un train de marchandises nous passe sur le corps (Et du coup là on est parfaitement réveillé.)
Des matins comme ça ou même le clairon puissant de la radio la plus pourri qui soit ne suffit pas à sortir de la torpeur dans laquelle on a plongé la veille.

Des matins comme ça ou l’on bénit le mec génial qui a inventé le snooze sur le radio réveil.
Des matins comme ça ou le simple fait d’émerger et de poser un pied en dehors du lit ressemble aux douze travaux d’Hercule réalisés par un gringalet asthmatique (Je reconnais un peu mon physique)
Des matins comme ça ou le café coule plus vite en dehors de la tasse qu’en dedans. Et souvent c’est là qu’on entend le cri de désespoir suivant : « Mais putain, il est ou le sopalin. »
Des matins comme ça où l’on attrape le premier caleçon qui passe, perd 5 minutes à trouver le trou pour la première jambe, 5 de plus pour trouver le suivant, et cela avant de se rendre compte qu’on l’a enfilé derrière devant.
Des matins comme ça ou les chaussettes ne vont jamais par paire et où l’on finit avec une noire et une blanche en se disant que de toute façon personne ne risque de nous masser les orteils dans la journée.
 
Des matins comme ça où l’on cherche ses clefs, tasse dans une main, cigarette dans l’autre. (Et là on réentend « Mais putain, il est ou le sopalin…. »)
Des matins comme ça où l’on se brûle avec son café fraîchement refait, parce qu’à force d’user du sopalin….
Des matins comme ça où l’on a tellement pas les yeux en face des trous qu’on devrait éviter de pisser debout.
Des matins comme ça ou si l’on y prend garde on se retrouve au 4e étage au lieu du rez-de-chaussée.

 
 

Des matins comme ça ou le métro sent des pieds, son voisin l’urine et la station suivante les relents vomitifs d’une fin de week-end arrosée.

 

Des matins, plein de matins, trop de matins…..Comme mes lundis matins….

C’est décidé ce soir j’vais boire un coup, je dormirai mieux mardi matin…

 
 
 
Par Huhsh
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